Mobilisation en Martinique






Le peuple est dans la rue

Défilés exceptionnels

La où cela se passe

Les jeunes mobilisés
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quelques conséquences

Les maires soutiennent

Les artistes se rencontrent

Moun La Kilti dans la rue
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les artistes s'impliquent en réalisant des évènements:

Ce lundi, les négociations à la Préfecture de Martinique sur l’augmentation des salaires s’enlisent dans des discussions relatives au mode de calcul des augmentations, les 2 parties, collectif du 5 février et patrons, n’ayant pas même point de vue. Situation compliquée par la décision du Conseil Général de diminuer sa quote-part dans le montage du financement des salaires, passant de 6 à 3 millions environ.
En marge des négociations, les zones d’activités sont toujours bloquées, les entreprises ne pouvant faire fonctionner leurs structures. Les marchandises en containers ne sont toujours pas accessibles sur le port. L’accord global sur les listes de famille de produits devant bénéficier de réductions de prix ne pourra donc même pas entrer en vigueur rapidement, indépendamment du temps nécessaire aux dernières retouches à l’accord, car le circuit de distribution est inutilisable.
Des conflits ponctuels apparaissent ou sont réactivés. Les employés des collectivités réclament leur augmentation de salaires sur le même mode que celui du privé, la pression faite auprès des municipalités a porté ses fruits, puisque les maires sont divisés sur la question de l’ouverture des mairies : plusieurs ouvrent (Grand Rivière, Trinité) d’autres soutiennent résolument le collectif en fermant les bureaux (Sainte-Anne, Prêcheur).
De plus, des rumeurs véhiculées par SMS continuent à circuler créant la psychose, par exemple pour ce qui est de l’approvisionnement en carburant.
Enfin, la situation est loin d’être au beau fixe dans l’éducation. Certains établissements sont fermés d’autres ouverts le matin seulement en l’absence de restauration des établissements. Sera-t-on capable d’évaluer les dégâts sur l’année scolaire.
Les partisans du collectif sont intervenus à la CAF pour faire fermer les bureaux, au grand dam des bénéficiaires privés de leurs allocations. Ce genre d’intervention qui rappelle la fermeture forcée des commerces est à craindre si le conflit perdure car, bien que le mot d’ordre de grève générale ne soit pas levé, les martiniquais reprennent peut à peu leurs habitudes. Aussi, d’autres coup de force localisés sont à prévoir.
Les embouteillages ont repris à Fort-de-France et sur les grands axes, les boutiques sont ouvertes, la Poste remet des colis. Si les grandes surfaces ne sont pas ouvertes, la queue montre bien que la population a besoin des boutiques de proximité et libre service qui doivent faire face à des bousculades insensées, faute d’approvisionnement auprès des grossistes.
Certaines réalités sont aujourd’hui incontournables. De nombreuses familles martiniquaises y compris solidaires des slogans de la mobilisation se retrouvent en grande difficulté, et auront du mal à supporter plus de privations et de risques pour mener leur vie quotidienne. Ils seront probablement moins enclins à accepter des interventions militantes qui les toucheraient directement et individuellement. Ce risque de confrontation est réel.
Il est vrai aussi que des privilégiés ont bénéficié d’un réseau de bateaux et voiliers de békés, certains patrons et autres martiniquais, de barques de pêcheurs qui font la navette, entre la Martinique et Sainte-Lucie autant pour le carburant que pour le ravitaillement
Toutefois, c’est bien l’économie globale de Martinique qui est en difficulté, la paralysie du tissu économique étant trop longue et réellement préjudiciable, comme nous le disons dans nos billets depuis le début de la crise.
Stratégie réfléchie, ou difficulté de baliser le développement des négociations, le collectif semble se retrouver pour l’instant dans un pourrissement de la situation préjudiciable à des rapports sociaux sereins pour le futur.
Les sphères politiques vont maintenant s'agiter avec la prochaine discussion sur le projet de loi d’orientation pour le développement de l’Outre-Mer (des outre mers, diraient les réunionnais) dans ce climat d’incertitude quand ont doit tenir compte des conséquences d’un conflit terminé à la Guadeloupe, de la gestion de la crise en Martinique, et des débuts à la Réunion.


photos yv-mari seraline - reproduction interdite sans autorisation, il suffit de demander